Kamakura
Kamakura devient la capitale politique du Japon en 1185, quand Minamoto no Yoritomo y installe le premier Bakufu — le gouvernement militaire du shogunat. Le pays se retrouve alors avec deux gouvernements en parallèle : l’Empereur à Kyoto, garant du pouvoir religieux et symbolique, et le shogunat à Kamakura, qui détient le pouvoir militaire sur le Kanto. Au fil du temps, le shogunat prend le dessus — ce déséquilibre se manifeste notamment en 1221, lors de la guerre de Jokyu, quand l’Empereur Gotoba tente en vain de reprendre le contrôle.
La période Kamakura est aussi un moment décisif pour le bouddhisme japonais : celui-ci cesse d’être réservé à l’élite et se répand dans toutes les classes sociales. C’est à cette époque que naît le bouddhisme zen, avec son accent sur la discipline, la concentration et la simplicité. En 1333, l’Empereur Godaigo renverse le shogunat et la capitale retrouve Kyoto.
Aujourd’hui, Kamakura est une ville balnéaire prisée des Tokyoïtes pour ses plages, son surf et ses nombreux temples — une combinaison rare au Japon.
Se déplacer
Kamakura est à environ une heure de Tokyo en train depuis la gare de Shinjuku ou de Tokyo. Une fois sur place, la plupart des temples principaux se rejoignent facilement à pied. Certains touristes louent des vélos pour relier plus rapidement les sites dispersés sur les collines. Payez vos trajets locaux avec votre carte Suica.
Spécialités locales
Le shirasu
Kamakura est renommée pour ses shirasu — de minuscules alevins de sardines ou d’anchois — pêchés dans la baie de Sagami. On les mange crus (nama-shirasu) ou séchés sur du riz chaud, dans un bol appelé shirasu-don. C’est la spécialité locale par excellence, servie dans pratiquement tous les restaurants du bord de mer.
Les wagashi de temple
Les pâtisseries japonaises traditionnelles vendues près des temples — mochi aux haricots rouges, yatsuhashi, daifuku — sont une constante dans tous les sites de Kamakura. Chaque temple a souvent sa propre spécialité.
Le matcha
Kamakura, comme Kyoto, a une culture du thé forte. De nombreux salons de thé près des temples proposent des sets matcha avec wagashi — une pause idéale entre deux visites.
Restaurants
- Magokoro végétarien, $
- Kaedena japonais, $
- kamakama honten japonais, $
- Kamakura Wasen fruits de mer, $
- Ramen Hanabi ramen, $
- Onari Yokocho Kamakura sushi, $
- GYUKATSU KYOTO KATSUGYU Kamakura Station West Exit Store shokudo et teishoku, $
- Umi Kamakura japonais, $$
- Garden House Kamakura occidental, $$$
En cas de pluie
Hase-dera
Le temple de Hase-dera est construit à flanc de colline et offre des zones couvertes importantes, notamment la grotte de Benten — un passage creusé dans la roche et orné de petites statuettes — et le hall principal qui abrite une statue de Kannon de onze mètres de haut. La pluie donne une atmosphère particulièrement recueillie à ce lieu.
Le musée de Tsurugaoka Hachimangu
Le grand sanctuaire de Kamakura abrite un musée dans ses bâtiments annexes, consacré aux trésors artistiques et historiques liés au shogunat de Kamakura. Une option utile pour une journée pluvieuse, combinée avec la visite du sanctuaire lui-même.
Nos coups de cœur
Le Kotoku-in — le Grand Bouddha en plein air
Le Grand Bouddha de Kamakura — une statue de bronze de treize mètres, assis en méditation en plein air depuis le XIIIe siècle — est une des images les plus reconnaissables du Japon. Là où celui de Nara est à l’intérieur d’un hall, celui de Kamakura est exposé au ciel, face à la mer. La sérénité de l’ensemble — les collines boisées, le silence, la proportion de la statue dans le paysage — est réelle, même les jours de forte affluence.
Tsurugaoka Hachimangu
Le sanctuaire principal de Kamakura, fondé par Minamoto no Yoritomo lui-même, est relié à la mer par une longue allée bordée de lotus et de cerisiers. L’ensemble du site — les grands escaliers, les torii, les pavillons — est un des lieux les plus impressionnants de la période médiévale japonaise. La vue depuis le sommet des escaliers, face à l’allée principale et à la baie au loin, vaut à elle seule le déplacement.
Le sentier des temples (Kamakura Hiking Trail)
Entre les temples de l’est et de l’ouest de la ville, un réseau de sentiers pédestres traverse les collines boisées qui entourent Kamakura. En une heure et demie, on passe du temple Jochiji aux temples zen de Kita-Kamakura à travers des forêts de bambous et de cryptomères. C’est une des randonnées urbaines les plus agréables du Kanto.
La plage de Yuigahama
Kamakura est aussi une ville de bord de mer — chose relativement rare pour un site patrimonial au Japon. La plage de Yuigahama et ses environs constituent une autre facette de la ville : terrasses de cafés, surfeurs, vue sur la péninsule d’Izu. En dehors de l’été, la plage est presque vide et le contraste avec les temples bondés est saisissant.