Le cône dénudé du Fuji, sans neige, émerge d’une barre de nuages sous un ciel clair

Étapes et détoursMontagnes

Fuji-san

Dormir à 3 400 mètres et attendre le jour

2 jours — 1 nuit

Tokyo — Fuji-san — Kawaguchiko

Où se déroule l’étape — ChūbuDéparts possibles : Tokyo, Kawaguchiko
  • La huitième station. Une nuit en cabane entre 3 100 et 3 400 mètres, futons alignés et curry servi avant la nuit.
  • Le goraikō. Ce liséré flamboyant qui se pose sur la mer de nuages, entre 4 h 30 et 5 h 15 selon la date.
  • La montée. Environ 1 400 mètres de dénivelé depuis la cinquième station, cinq à six heures avec des arrêts fréquents.
  • La file des lampes. Deux à trois heures dans le noir, le seul moment où l’on voit la forme du volcan depuis l’intérieur.
  • Le cratère. Le tour de la lèvre, l’ohachi-meguri, jusqu’au Kengamine, point le plus haut du Japon à 3 776 mètres.

Itinéraire

Jour 1 — La montée

Le bus quitte Tokyo au matin et dépose les marcheurs à la cinquième station de la Fuji Subaru Line, à 2 305 mètres, au milieu des boutiques et des groupes scolaires. On y reste une heure sans monter : le corps a besoin de ce temps pour s’habituer à l’air.

Vu de loin, le Fuji d’été montre sa roche nue jusqu’au sommet ; une mer de nuages en cache la base, et des collines boisées ferment le premier plan
Le cône sans neige : c’est l’état de la montagne entre juillet et septembre, la seule fenêtre où la voie est ouverte.

Le sentier part à plat sous les mélèzes, puis il oblique. Vers la sixième station, la forêt s’arrête net et il ne reste que la scorie rouge, le vent et la trace en lacets au-dessus. Des cabanes jalonnent la montée tous les deux cents mètres de dénivelé : on s’y assied, on y achète de l’eau, on y fait marquer son bâton de marche au fer rouge. Comptez cinq à six heures jusqu’à la huitième station.

Trois marcheurs montent à contre-jour une pente de scorie nue, la poussière soulevée à chaque pas ; une corde de balisage court sur la droite
Passé la sixième station, il ne reste que la scorie. La poussière monte avec les pas.

Le dîner y est servi tôt — un curry, du riz, une soupe — et la mer de nuages s’étend déjà sous vos pieds. Les lumières s’éteignent avant la nuit complète. On dort habillé, épaule contre épaule, dans l’air sec de la haute montagne. La nuit sera courte, et c’est bien ainsi.

Jour 2 — Le réveil nocturne

On se lève à une heure du matin. Thé chaud, lampe frontale, gants. Dehors, l’air est sec et coupant, comme il l’est toujours au-dessus de trois mille mètres.

Il reste deux à trois heures de marche dans le noir. Devant et derrière, la file des lampes dessine la pente entière : c’est l’un des rares moments où l’on voit la forme du volcan depuis l’intérieur. Un torii de pierre et deux lions-chiens marquent l’arrivée sur la lèvre du cratère, à 3 715 mètres.

Le soleil se lève sur une ligne d’horizon parfaitement plate, entre 4 h 30 au début du mois de juillet et un peu après 5 h en septembre. Les Japonais appellent cela le goraikō, la venue de la lumière. Personne ne parle beaucoup.

Reste à choisir : le tour du cratère, l’ohachi-meguri, qui prend une heure et mène au Kengamine, point le plus haut du Japon à 3 776 mètres ; ou la descente directe. Elle dure trois heures sur une piste de sable volcanique en lacets, éprouvante pour les genoux. Puis le bus, puis le bain.

Nos adresses

Une file de marcheurs en veste de pluie remonte un sentier pavé le long d’une main courante en chaîne, vers une cabane au toit lesté de pierres
Une cabane de la voie Yoshida, le toit lesté contre le vent. On y arrive en fin d’après-midi, et la file ne se défait qu’à la porte.
  • Fujisan Hotel. Huitième station, 3 400 mètres. C’est la plus haute cabane avant la 8,5e station. Les couchages sont en box, deux repas sont servis et la réservation s’ouvre en ligne, en anglais, dès le printemps. C’est aussi elle qui raccourcit le plus la marche du lendemain.
  • Taishikan. Huitième station, 3 100 mètres. Elle est tenue par la même famille depuis plusieurs générations et reste l’une des rares où l’on parle un peu anglais au téléphone. Elle se trouve trois cents mètres plus bas : la marche de 1 h du matin y est donc plus longue, mais on y dort mieux.
  • Goraikōkan. 8,5e station, 3 450 mètres. Son nom dit ce que l’on vient y chercher. C’est la plus haute cabane de la voie.
  • Kozantei Ubuya, Kawaguchiko. Pour la nuit d’avant. Les chambres font face au lac, et le Fuji tient tout entier dans l’encadrement quand le temps le permet, ce qui n’arrive pas tous les jours. Les bains sont à ciel ouvert.
  • Benifuji no Yu, Yamanakako. Pour l’après. Le bassin extérieur est tourné vers la montagne que l’on vient de descendre. L’établissement est fermé le mardi.

Temps de trajet

Trajet Durée Détail
Shinjuku → 5e station Fuji Subaru Line 2 h 30 Bus direct, 4 800 yens. Quatre à six départs par jour, en saison.
Kawaguchiko → 5e station 50 min Bus, 2 000 yens, environ un départ par heure.
Tokyo → Kawaguchiko 2 h Bus, ou train via Ōtsuki.
5e station → 8e station 5 à 6 h Montée, pauses comprises.
8e station → sommet 2 à 3 h De nuit, à la lampe frontale.
Sommet → 5e station 3 h Piste de descente en sable volcanique.

Bon à savoir

  • La saison. La voie Yoshida est ouverte du 1er juillet au 10 septembre 2026. En dehors de ces dates, la montagne est fermée : il n’y a ni cabanes, ni secours, ni ascension possible.
  • Le droit d’entrée. Il s’élève à 4 000 yens par personne, sur les quatre voies. Pour la Yoshida, la réservation et le paiement se font en ligne à l’avance, sur le portail officiel de la préfecture de Yamanashi. Nous nous en chargeons.
  • La barrière. Le portail de la cinquième station est fermé de 14 h à 3 h du matin, et l’accès est plafonné à 4 000 personnes par jour. Les clients des cabanes passent sans restriction et n’entrent pas dans ce quota, ce qui constitue l’une des raisons de dormir en altitude.
  • Le contrôle d’équipement. Trois éléments sont vérifiés à la barrière : les vêtements chauds, la veste et le pantalon de pluie, les chaussures de marche. Les baskets sont refusées.
  • L’altitude. Prévoyez une heure d’acclimatation à la cinquième station avant de partir, une montée lente et de l’eau à intervalles réguliers. Le mal des montagnes ne prévient pas, et la seule réponse fiable consiste à redescendre.
  • La cabane. Le dortoir est mixte, il n’y a ni douche ni chauffage, et les toilettes sont payantes, entre 200 et 300 yens : prévoyez des pièces de 100 yens.
  • Le froid. Il fait autour de 5 °C au sommet à l’aube en plein mois d’août, et moins encore avec le vent. Prévoyez des gants, un bonnet et un coupe-vent.
  • Le volcan. Le Fuji est classé au niveau d’alerte volcanique 1. En cas d’annonce, la consigne est de redescendre immédiatement sous la cinquième station.

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