Le torii rouge du sanctuaire de Hakone planté dans le lac Ashi, le mont Fuji enneigé derrière

Étapes et détoursMontagnes

Hakone

Une caldeira encore tiède, à 85 minutes de Shinjuku

2 jours — 1 nuit

Shinjuku — Hakone-Yumoto — Sengokuhara — Ōwakudani — Lac Ashi

Où se déroule l’étape — KantōDéparts possibles : Tokyo, Odawara, Kyoto
  • Le Fuji, s’il veut bien. On le voit un jour sur deux dans l’année, et mieux avant neuf heures.
  • Une nuit de ryokan. Les tatamis, le futon posé pendant que vous dînez, quinze chambres au plus et pas d’ascenseur dans le plus ancien.
  • L’eau prise au sol. Le bain avant le dîner, le bain encore après, dans un bassin qui se réserve pour soi.
  • Un dîner kaiseki. Une dizaine de petits plats servis dans l’ordre, du tofu de sésame à la truite du lac, le riz en dernier.
  • La caldeira encore tiède. À Ōwakudani, la vapeur sort du sol à quelques mètres du chemin ; plus haut, à Sengokuhara, les herbes montent plus haut qu’un homme.

Itinéraire

Jour 1 — Le train qui rebrousse chemin, les sculptures, puis la plaine d’argent

Le Romancecar quitte Shinjuku et met 85 minutes ; à Hakone-Yumoto, on passe sur le train de montagne, court et rouge, qui ne peut pas monter droit. Il zigzague, et trois fois le conducteur et le contrôleur traversent le wagon pour échanger leurs places. C’est un manège d’une demi-heure que les enfants regardent sans rien dire.

On descend à Chōkoku-no-Mori, l’arrêt d’avant Gōra : le musée en plein air est à deux minutes à pied, et la montagne derrière change de couleur pendant qu’on marche. Comptez deux heures, trois si vous vous asseyez.

De Gōra, un bus monte vers Sengokuhara en vingt-cinq minutes. La pente s’y couvre d’herbes plus hautes qu’un homme, argentées d’octobre à la fin novembre ; le sentier les traverse et se monte en une heure, aller et retour. Venez en fin d’après-midi : le soleil passe à travers les tiges par-derrière et la plaine s’allume d’un coup. Le vent ne s’arrête jamais tout à fait, et c’est le seul bruit.

La plaine d’herbes argentées de Sengokuhara à l’automne, les montagnes de Hakone derrière
La plaine de Sengokuhara à l’automne. Les herbes montent plus haut qu’un homme

Le bus redescend vers Miyanoshita en une demi-heure. Le ryokan occupe le reste de la journée : le bain avant le dîner, le dîner, le bain encore après.

Jour 2 — La vallée qui fume, et le Fuji si le ciel veut bien

Partez tôt : le Fuji se voit mieux avant neuf heures, avant que l’air ne se charge.

Le mont Fuji enneigé au-dessus d’une forêt de cèdres, sous un ciel voilé
Le Fuji au-dessus des cèdres. Il se donne le matin, rarement l’après-midi

Le funiculaire monte de Gōra à Sōunzan en dix minutes, à peu près à la pente d’un escalier. Dix minutes de téléphérique plus loin, la cabine bascule au-dessus d’Ōwakudani.

Vue plongeante sur les fumerolles d’Ōwakudani, le soufre jaune et les terrasses de la pente
Ōwakudani vu de la cabine. Le soufre jaune, et la vapeur qui sort par dizaines de bouches

Ce n’est pas un sommet, contrairement à ce qu’on lit souvent, mais une vallée, ouverte il y a environ trois mille ans par l’effondrement d’un flanc du mont Kamiyama.

La vallée d’Ōwakudani sous la neige, ses fumerolles et ses terrasses de soufre, le mont Kamiyama derrière
Ōwakudani en hiver. La vapeur sort du sol à quelques mètres du chemin

La descente vers le lac Ashi prend une vingtaine de minutes, cabine tournée vers le nord-ouest : c’est là que le Fuji apparaît s’il doit apparaître.

Deux cabines du téléphérique de Hakone au-dessus de la forêt, le mont Fuji enneigé derrière
Le téléphérique entre Ōwakudani et le lac. Le Fuji est derrière, quand l’air est clair

À Tōgendai, le bateau traverse jusqu’à Moto-Hakone, son torii planté dans l’eau, son sanctuaire plus haut sous les cèdres. Puis cinq cents mètres d’ancien Tōkaidō, et le bus.

Nos adresses

Un ryokan avec source, dans la vallée de Yumoto ou plus haut vers Miyanoshita. Nous en retenons trois ou quatre, tous de taille modeste, tous avec un bain que l’on réserve pour soi à l’heure.

Le plus ancien a ses murs noircis par un siècle de vapeur et n’a pas d’ascenseur. Le plus récent tient dans huit chambres, toutes tournées vers la rivière, et sert le dîner à une seule heure. Nous vous dirons lequel vous ira selon ce que vous préférez : la patine ou le silence.

Temps de trajet

Tout part de Shinjuku, et presque tout ce qui bouge à Hakone est exploité par la même compagnie : c’est ce qui rend la boucle si simple.

Trajet Durée
Tokyo (Shinjuku) ↔ Hakone 1 h 25
Odawara ↔ Hakone 15 min
Kyoto ↔ Hakone environ 2 h 30

De porte à porte : le Romancecar part de Shinjuku et va sans changement jusqu’à Hakone-Yumoto. Depuis Kyoto ou Nagoya, le shinkansen s’arrête à Odawara et le train de la vallée fait les quinze dernières minutes. Une fois dans la caldeira, tout se prend sans y penser : le train de montagne, le funiculaire, le téléphérique, le bateau, le bus — une demi-heure au plus d’un point à l’autre.

Pour la suite. Le shinkansen s’arrête à Odawara : Tokyo est à une demi-heure vers l’est, Kyoto à un peu plus de deux heures vers l’ouest. Hakone se glisse donc aussi bien au début d’un voyage qu’au milieu, comme une respiration entre deux villes. Vers l’ouest, la vallée de Kiso et la Nakasendo sont à trois heures et demie, un changement à Nagoya ; les Alpes japonaises à quatre heures et demie par la même ligne.

Bon à savoir

  • Le Fuji ne se commande pas. De Hakone, on le voit à peu près un jour sur deux dans l’année : deux jours sur trois en plein hiver, moins d’un sur cinq en juillet et en août. Partez tôt, et considérez l’apparition comme un supplément, pas comme le programme.
  • Ōwakudani peut fermer. Le volcan est surveillé en continu, et une remontée du niveau de gaz suffit à suspendre le téléphérique et l’accès à la vallée. Le circuit se fait alors en car jusqu’au lac : on perd la vapeur, on garde la journée.
  • Hakone se remplit le week-end, et en novembre quand les érables tournent. En semaine, le train de montagne et le bateau se prennent sans queue.

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