- Le château de Himeji. L’un des douze châteaux du Japon qui ont gardé leur donjon d’origine. Jamais brûlé, jamais rebâti.
- La brasserie Honda. Elle brasse depuis 1921, et c’est la maison elle-même qui ouvre l’atelier.
- Tatsuno. La sauce soja claire y a été inventée en 1666 ; la ville a gardé ses entrepôts de bois.
- Les mains dans la matière. Filtrer sa propre sauce soja, façonner des miso-tama, et voir de près le kōji dont tout cela sort.
- Les tuiles de Harima. Elles couvrent encore les toits des temples et des châteaux du pays.
- Le Japanese Toy Museum. 90 000 jouets, de 160 pays, dans six maisons de terre aux murs blancs.
Itinéraire
Jour 1 — Le riz, puis le soja
La matinée commence à la brasserie Honda, qui brasse ici depuis 1921. Le riz est le yamada nishiki, le plus recherché des riz à saké, qu’elle fait cultiver sous contrat sur l’une des parcelles les mieux classées du pays. Le propriétaire, ou quelqu’un de la maison, vous mène d’un poste à l’autre : polissage, fermentation, affinage. La dégustation vient à la fin, debout entre les cuves, et rien ne presse.
Trente minutes de route ensuite, vers Tatsuno. L’usukuchi, la sauce soja claire, est née ici : elle sale sans teindre, et les bouillons du Kansai lui doivent leur transparence. La ville a gardé ses ruelles de négociants. L’après-midi tient dans deux ateliers, Mukashi Mirai et Kura Terrace : on filtre sa propre sauce soja, on roule des onigiri, on façonne des miso-tama — ces boules de miso qu’il suffit de délayer dans l’eau chaude. Une fabrique voisine montre le kōji de près : peu de Japonais en ont l’occasion.
Le quartier historique referme la journée, avec l’intérieur d’une machiya, étroite en façade et longue en profondeur. Le soir, retour à Himeji : le dîner reprend les produits de la région et les sakés du matin.
Jour 2 — La terre cuite, puis le Héron blanc
Direction Koyoseiga, entreprise familiale qui fabrique les tuiles des temples, des sanctuaires et des châteaux du pays. Après une démonstration, les artisans vous mettent à l’ouvrage. L’argile est fraîche et souple sous les doigts, et l’on repart en regardant les toitures autrement.
Le Japanese Toy Museum occupe la fin de matinée. Cinq mille pièces sont exposées à la fois, sur les quatre-vingt-dix mille conservées : poupées anciennes, jeux de l’époque d’Edo, mécaniques à ressort. Derrière l’inventaire se lit une histoire sociale du Japon, par ce que l’on donnait aux enfants.
L’après-midi va au château, surnommé le Héron blanc pour la couleur de ses enduits, son donjon debout depuis 1609. La visite suit le système défensif — les portes qui se succèdent, les couloirs qui obligent à tourner, les meurtrières carrées, rondes et triangulaires — puis les escaliers de bois jusqu’au dernier étage, d’où l’on découvre la ville et la plaine de Harima.
De là, vingt minutes à pied par l’Otemae-dōri jusqu’à la gare, sur la ligne du Sanyō : Okayama à l’ouest, Kobe et le Kansai à l’est.
Nos adresses
La nuit se passe à Himeji, à quelques minutes à pied de la gare — donc du château, des restaurants du centre et de la route de Tatsuno. Notre adresse de référence est l’Hotel Monterey Himeji : chambres modernes, service soigné, et les étages supérieurs donnent sur le château ou sur la ville. Nous l’avons retenu pour cet équilibre entre situation, confort et service, et parce qu’il simplifie la suite du voyage, vers Hiroshima ou vers le Kansai.
Himeji a brûlé le 3 juillet 1945 — les deux tiers de la ville. Le château, lui, est passé au travers. C’est ce qui explique le reste : la ville qui l’entoure est d’après-guerre, et l’on n’y trouve pas de vieilles auberges. Si la nuit compte autant que les journées, un ryokan à Arima ou à Kinosaki s’ajoute en amont ou en aval.
Temps de trajet
Himeji est sur la ligne du Sanyō, entre Okayama et Kobe. Grâce au shinkansen, la ville s’intercale sans détour entre le Kansai et l’ouest du Japon.
| Trajet | Durée |
|---|---|
| Shin-Osaka → Himeji, shinkansen | 30 min |
| Osaka (Umeda) → Himeji, train rapide | 1 h |
| Kyoto → Himeji, shinkansen | 45 min |
| Shin-Kobe → Himeji, shinkansen | 15 min |
| Hiroshima → Himeji, shinkansen Hikari ou Sakura | 1 h |
| Brasserie Honda → Tatsuno, voiture | 30 min |
| Gare de Himeji → le château, à pied par l’Otemae-dōri | 20 min |
Un point de vigilance : les Nozomi et les Mizuho, les plus rapides, ne s’arrêtent pas à Himeji. Il faut un Hikari ou un Sakura, et ils sont moins fréquents — le train se réserve à l’avance. En amont ou en aval, l’étape se combine avec Hiroshima & Miyajima (1 h), avec Tomonoura et avec Naoshima, toutes sur la même ligne.
Bon à savoir
- Plusieurs ateliers sont des structures familiales qui reçoivent peu de monde à la fois : les places sont comptées et se réservent longtemps à l’avance. Certains jours, la cuve que l’on venait voir est simplement au repos.
- Les ateliers se pratiquent les mains dans la matière : une tenue simple suffit.
- Le donjon se monte à pied, par les escaliers d’origine — six niveaux, aucun ascenseur — et l’on y entre déchaussé. Des chaussures faciles à retirer rendent la montée plus agréable.
- Le château ouvre à 9 h. Dernière entrée à 16 h, 17 h du 27 avril au 31 août. La première semaine d’avril, quand les cerisiers du Sannomaru fleurissent, l’accès au donjon est régulé par des tickets à heure fixe distribués à l’entrée.
